
Voici quelques brefs résumés de personnalités célèbres dans le domaine de la psychologie (psys, neurologues, philosophes...).


Carl Gustav Jung
Carl Gustav Jung (1875-1961) était un psychiatre suisse et le fondateur de la psychologie analytique.
​
De 1907 à 1913, il travaille avec Sigmund Freud puis s'émancipe de celui-ci en 1913. Leurs désaccords majeurs portaient sur le fait que Jung refusait de limiter la libido à la seule énergie sexuelle mais la voyait comme une énergie psychique plus large. Freud rejetait également la notion de l'inconscient collectif chère à Jung.
​
La rupture d'avec Freud est dévastatrice pour Jung, qui se retrouve isolé tant sur le plan personnel que professionnel. Pendant cette période de profonde crise psychologique d'environ 5 ans, il se confronte à son propre inconscient et considèrera plus tard la souffrance vécue à cette période comme nécessaire pour se libérer du dogmatisme étouffant de Freud et trouver son propre chemin. Il continuera cependant à garder une admiration intellectuelle pour Freud.​
​​
La pensée de Jung est bâtie autour de plusieurs piliers fondamentaux :
-
L'inconscient collectif et les archétypes : Jung a posé le postulat de l'existence d'une couche profonde de l'inconscient, commune à tous les êtres humains, contenant des structures universelles héritées de traditions, cultes, rituels, légendes etc.. et appelées archétypes (le sage, la mère, le héros, le dragon, etc.). Ils s'expriment à travers les rêves, les mythes et les symboles.
-
L'Ombre, l'Anima/Animus et le Soi :
-
L'Ombre : Les aspects refoulés, cachés ou inacceptables de notre personnalité.
-
Anima/Animus : Les composantes féminines chez l'homme et masculines chez la femme.
-
Le Soi : L'archétype de la totalité, le centre de la personnalité qui cherche l'équilibre.
-
-
L'Individuation est le processus central de la psychologie jungienne. Il s'agit du chemin de développement personnel pour devenir "soi-même", une personne unifiée et consciente de ses différentes parts, alliant conscient et inconscient.
-
Introversion et Extraversion : Jung a introduit ces termes pour décrire la direction de l'énergie psychique (vers l'intérieur ou l'extérieur).
-
La Synchronicité : La coïncidence temporelle d'événements sans lien causal direct, mais ayant un sens pour l'individu.
​Les approches thérapeutiques actuelles doivent énormément à Jung:
​
Tout d'abord, son approche holistique et spirituelle qui s'intéresse à l'âme ("psyché") et pas seulement aux symptômes ont permis le développement de méthodes utilisées dans le cadre de thérapies analytiques, hypnotiques ou encore cognitives. De plus, la recherche puis l'intégration de parts d'ombre en thérapie analytique aident le patient à évoluer.
​
Jung fut également précurseur de l' art-thérapie en utilisant le dessin pour permettre aux patients d'exprimer les images de l'inconscient.
La psychologie humaniste (Abraham Maslow, Carl Rogers) et la psychologie transpersonnelle sont grandement fondées sur le principe d'individuation de Jung.
​
Il a aussi popularisé l'idée que la souffrance peut être une opportunité de croissance (base du développement personnel actuel).
​​
Pour terminer, ses travaux sur les types psychologiques (introversion/ extraversion, pensée, sentiment, sensation, intuition) sont la base des outils de personnalité les plus utilisés aujourd'hui en coaching (ex. MBTI).
​
Carl Jung a donc légué à l'humanité une psychologie qui ne cherche pas seulement à soigner une pathologie, mais à accompagner l'individu dans la découverte de son être profond. Son impact se retrouve dans diverses méthodes thérapeutiques ouvertes à la spiritualité et au sens de la vie.

ALICE MILLER
Alice Miller (1923-2010) était une psychologue et psychanalyste suisse d'origine polonaise.
Ses recherches ont radicalement transformé la compréhension de la maltraitance infantile et influencent encore aujourd'hui de nombreuses méthodes psychothérapeutiques.
​
Son enfance est marquée par une éducation stricte ainsi que par la Seconde Guerre mondiale à laquelle elle survécu en prenant une fausse identité. Plus tard, elle étudie la philosophie, la psychologie et la sociologie avant de se former à la psychanalyse à Zurich.
​
Après vingt ans de pratique psychanalytique classique, elle remet en question les fondements de la théorie freudiennes et se consacre à l'écriture et à l'exploration systématique de l'enfance. Ses travaux sont basés sur l'observation clinique de ses patients, l'étude de biographies de personnages célèbres (comme Hitler) et le déni de la maltraitance infantile.
​
​Alice Miller s'intéresse également à la douance et développe le concept de « l'enfant doué » comme survivant. Selon elle, l'approche de l'enfant surdoué ne se limite pas à l'intelligence. L'enfant doué a surtout une grande capacité d'adaptation précoce et est souvent doté d'une grande sensibilité et d'une intuition fine, lui permettant de comprendre et de répondre aux besoins émotionnels.
Les recherches et l'approche novatrice d'Alice Miller ont eu un impact profond, faisant évoluer la psychothérapie vers ce qu'elle est aujourd'hui:
-
Reconnaissance du "Vrai Soi" et du traumatisme réel : Elle aide les patients à identifier le "faux self" construit pour plaire aux parents, afin de retrouver leur "vrai soi".
-
Importance du "Témoin Secourable" : Elle insiste sur le fait que la guérison nécessite un "témoin secourable" — un thérapeute qui reconnaît la réalité de la souffrance de l'enfant sans minimiser la responsabilité des parents.
-
Critique de ce qu'elle appelle la "pédagogie noire" (éducation par la peur et la manipulation justifiée par le "pour ton bien"). Elle met en évidence le fait que les violences verbales et physiques sont des traumatismes.
-
Revisite du passé sans pardon forcé : Elle estime que pour guérir, il faut prendre conscience de la haine et de la colère légitimes envers les parents abuseurs, afin de ne plus les refouler et de ne pas les reproduire.
Le monde de la psychothérapie doit donc à Alice Miller d'avoir aidé à déstigmatiser les adultes maltraités ainsi que d'avoir imposé la nécessité d'écouter la souffrance de l'enfant intérieur en placant la vérité historique du patient au cœur de la thérapie.